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Vivendi : le capitalisme selon Messier dévisagé

Mots doux / mercredi 22 avril 2009 par Xavier Monnier
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Le capitalisme à visage humain c’est possible. Il suffit de regarder les doux mails envoyés par Guillaume Hannezo à son patron Jean-Marie Messier, juste avant l’éjection de J2M en 2002.

En ces temps de crise bancaire, de cataclysme financier et de rigueur budgétaire, bref, d’Apocalypse économique, le temps est venu de se trouver un Messie pour annoncer et marquer l’avènement de temps nouveaux.

Si Obama a endossé le costume de favori par la grâce des médias, Bakchich mise sur un autre poulain. Une pouliche à grosse côte mais sur le retour, le Messie Messier. Et oui, l’ami Jean-Marie est l’évidence même pour incarner le Sauveur. Il a ressuscité d’entre-les-morts et effectué un come-back cette année. Bon, pas vraiment le troisième jour ni la troisième année, mais tout de même. Un livre, des conseils à tout va, l’ancien patron-fossoyeur de Vivendi-Universal a réussi un joli tour de for. Ensuite, J2M porte encore les stigmates de sa passion VU, sous la forme d’un toujours renvoi en justice.

Mais surtout, en ces temps où le capitalisme est appelé à une réforme profonde au moins, à une transformation radicale au plus, Messier saura avoir la bonne parole. Qui d’autre que l’inventeur du capitalisme à visage humain, de l’homme qui pose avec une chaussette trouvée dans Match, pour assurer cette tâche.

J2M porte sa propre croix

D’autant que son évangile est déjà un peu écrit. À l’instar de ce truculent mail des 1er et 2 mars 2002, que Bakchich a retrouvé dans les cartons. Quatre mois avant le grand crash de Messier et son éviction de Vivendi – la Passion de Jean-Marie – son fidèle apôtre-directeur financier Guillaume Hannezo l’alerte de l’imminence du grand crack, en un langage très terre à terre, dans un mail du 1er mars 2002 :

« Nous ne sommes pas dans une période normale, nous sommes dans une période ou ça passe ou ça casse… J’aimerais bien que tu mesures là que tu joues non seulement nos jobs, mais, plus important nos réputations. Ce que les gens cherchent à savoir cette fois-ci c’est :

  VU est-il une grande escroquerie, comme Enron
  VU est-il menacé sur sa dette ?
  JMM a-t-il complètement pété les plombs ? »

L’échange de mails entre Messier et son directeur financier Guillaume Hannezo - JPG - 145 ko
L’échange de mails entre Messier et son directeur financier Guillaume Hannezo

Homme de peu de foi en fait cet Hannezo, qui met en doute le Messie. Mais il faut le comprendre, « il est à la place du mort » dans cette affaire, pas du ressuscité. Cela peut créer un certain stress.

 - JPG - 36.3 ko
© Nardo

Pas sur l’escroquerie, « si on peut être un peu transparent, on va traiter la première question ». Pour les autres, le doute plane dans l’esprit d’Hannezo qui semble touché par un peu plus qu’une crise de foi. « Je suis plus inquiet sur le deuxième car cela suppose un changement radical dans nos habitudes et de notre management (…)  : la dette c’est quand même fait pour être remboursé », s’agace le profane. Avant de blasphémer bel et bien. « Et sur le troisième, à toi de joueur. Mais si tu arrives à tes annonces de 15 milliards de perte (certes non pas en cash et seul le cash importe mais le cash il n’y en a pas) , la mine bronzée et replette retour de ski, et conversations avec Robert Redford, en confirmant tout ce que les gens soupçonnent ».

Un cri d’alarme, un appel à l’aide en fait, afin de retrouver « une crédibilité que tu es en train de perdre ». A croire que l’apôtre Hannezo sent venir la crucifixion du patron. Mais un Messie et a fortiori un Messier ne peut aller contre son destin. « Ce commentaire entre insulte, humiliation et affection est non seulement totalement déplacé mais tu ne m’entendras jamais parler comme ça ». Ainsi fut-il.

À lire ou à relire sur Bakchich.info :

Si la presse a assuré fanfaronnante qu’un non lieu avait été rendu dans l’affaire vivendi, il n’en est rien. Le juge d’instruction peut encore renvoyer captain Messier devant le tribunal correctionnel.
Ressuscité sur la scène médiatique par la grâce d’un livre Jean-Marie Messier assure être parti de Vivendi sans un euro…Vrai, il n’a touché que des dollars. Encore un americanophile !
Vous avez déjà oublié que c’est un sujet qui chatouillait nos élites juste avant le début du naufrage boursier ? et si on vous dit « abus de biens sociaux » ça y est, ça vous revient ? Quel rapport avec la crise direz-vous ? Un très bon rapport dirait un (…)
En partenariat avec « Siné Hebdo ».

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5 MESSAGES

Forum

  • Vivendi : le capitalisme selon Messier dévisagé
    le mercredi 22 avril 2009 à 13:26, Irwin-Lepetit-Porter a dit :

    Dis-nous Monnier, c’est pas tout de sortir des doc explosifs ; faut aussi que tu les utilises pour nous expliquer l’inexplicable : y-a pas si longtemps Bakchich se foutait franchement de la gueule du parquet qui, dans l’affaire Vivendi, a requis un non-lieu général. Comment-est-il possible qu’alors que le boss des finances de Vivendi reconnait lui-même qu’ils enfument l’actionnaire à tour de bras et que les présentations des chiffres par Messier tiennent plus du bonneteau que de l’information financière, comment donc se fait-il que le Parquet fasse une lecture si différente de celle du mec qui fournissait les chiffres bidonnés ?

    hein, qu’est ce que tu réponds à ça gros malin ?

  • Vivendi : le capitalisme selon Messier dévisagé
    le mercredi 22 avril 2009 à 13:23, beurk a dit :

    On aimerait l’avis du messieyadelatuneàsefaire sur ces apotres là, sur lesquels le gouvernement reste coi :

    "Quand les traders tirent profit de l’assurance-chômage

    Lundi 20 avril, 10h52 Reuters Elizabeth Pineau

    Partir à l’étranger faire fortune et rentrer en France quand le ciel s’assombrit pour bénéficier de sa protection sociale : une formule choisie par nombre d’expatriés de retour au bercail en ces temps de crise.

    Cette situation est dénoncée par des chefs d’entreprise et certains élus, à qui le gouvernement n’a pas encore répondu.

    Dans le système actuel, il suffit à un expatrié de retour en France de présenter un contrat de travail d’une durée comprise entre un et 28 jours pour bénéficier de l’assurance-chômage au taux maximum, car basée sur son ancien salaire. S’il travaille plus d’un mois, c’est son nouveau salaire qui est pris en compte pour le calcul de l’indemnité.

    Nombre de traders de retour de places financières dévastées par la crise comme Londres ou Genève se sont engouffrés dans ce système.

    "Le but du jeu pour les traders ayant travaillé à Londres est de s’inscrire dans une boîte d’intérim ou dans une boîte comme Mc Do en France", a expliqué à Reuters un analyste financier bien au fait de la pratique, courante selon lui.

    Et de rappeler qu’"une seule journée de travail suffit pour avoir une feuille de paye et pour être reclassé comme personne ayant été licenciée".

    "Tout le monde a parlé de cette pratique ici", a confirmé à Reuters le salarié d’une banque française à Londres.

    Le coussin est d’autant plus confortable que les salaires des anciens expatriés étaient élevés.

    "La période de référence pour le calcul des indemnités intègre leur salaire anglais. Les indemnités sont plafonnées, mais ça leur permet de toucher le plafond", poursuit l’analyste financier.

    DÉTOURNEMENT

    Selon les calculs du député socialiste Alain Vidalies, ce système peut permettre de percevoir jusqu’à 6.366 euros par mois sans avoir jamais cotisé aux Assedic. "S’il s’agit de quelqu’un qui est parti travailler dans la restauration à Madrid ou à Lisbonne, on comprend que ce système fonctionne quand il revient en France. Mais là, pour des traders, la situation est extraordinaire", souligne l’élu, qui a interpellé à l’Assemblée la ministre de l’Economie, Christine Lagarde. "On est dans une sorte de détournement de ce que sont les accords d’indemnisation de l’Unedic", ajoute Alain Vidalies, qui demande au gouvernement de changer les règles en modifiant par exemple la base de calcul des indemnités.

    Contactés par Reuters, les services de la ministre de l’Economie et du secrétaire d’Etat à l’Emploi, Laurent Wauquiez, ne se sont pas exprimés sur le sujet. La pratique scandalise certains chefs d’entreprise.

    "Une vague connaissance de retour d’Allemagne m’a demandé de lui faire un contrat d’une journée pour pouvoir toucher le chômage. Non seulement je ne veux pas mettre en danger mon entreprise en faisant cela mais je trouve le procédé déplorable !", regrette la responsable d’une PME parisienne ayant demandé à garder l’anonymat.

    Alain Vidalies dénonce lui aussi l’état d’esprit de ceux qui "profitent d’un système de solidarité que beaucoup ont brocardé en le considérant comme archaïque". "C’est comme les assurances", ajoute-t-il, "on trouve que c’est toujours trop cher de s’assurer sauf quand on a un sinistre".

    Difficile de savoir combien de personnes bénéficient de ce système. Les Français de l’étranger qui quittent un pays ne sont pas tenus de dire pourquoi ni où ils s’en vont, explique une porte-parole du Quai d’Orsay.

    Avec Matthieu Protard, édité par Yves Clarisse".

  • Vivendi : le capitalisme selon Messier dévisagé
    le mercredi 22 avril 2009 à 10:50
    bien VU les gars !!
  • Vivendi : le capitalisme selon Messier dévisagé
    le mercredi 22 avril 2009 à 08:57, Capello a dit :

    > Une pouliche à grosse côte

    Bakchich, le journal des analphabètes

  • Vivendi : le capitalisme selon Messier dévisagé
    le mercredi 22 avril 2009 à 08:48, Phil2922 a dit :
    Sarko : "Messier, mais si…".
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