Ca va mal ! Plus d’argent dans les caisses de l’Etat face aux revendications des profs, mais plus un sou non plus dans la cagnotte du Medef de La Défense, dans les Hauts-de-Seine. Leur fonds de placement vient d’être dissous et un rapport transmis au Parquet.
Le patronat s’agite avec l’affaire de l’UIMM et ses millions envolés en liquide vers de mystérieux bénéficiaires, mais pas seulement. Il s’en passe de belles au Medef de La Défense (officiellement dénommé « Medef SPSC », Suresnes-Puteaux-Saint-Cloud), un Medef territorial, filiale du Medef national, un club très chic avec ses membres représentant les grands groupes de l’Ouest parisien tels Dassault, Lafarge et les autres.
Souhaitant placer quelque 600 000 euros de petites économies – un « excédent de trésorerie », selon un courrier du commissaire aux comptes dont Bakchich a eu connaissance -, le Medef a mis son argent dans un fonds financier, Edelweiss 7.6, géré par une société de gestion de bourse liée de très près… aux dirigeants de l’organisation patronale. En effet, le président de cette dernière, Jean Soulacroup, est également depuis septembre 2007 président du conseil de surveillance de la société de gestion, Edelweiss gestion. Et son trésorier, jusqu’à la mi-avril 2008, a été à la tête du directoire d’Edelweiss, avant d’en être révoqué. Un léger mélange des genres ?
Il faut dire que la fameuse société, Edelweiss gestion, ne se porte plus très bien depuis quelques mois. Il y a quelques semaines, son commissaire aux comptes a transmis le dossier au procureur de la République. Le 18 décembre 2007, l’Autorité des marchés financiers avait dissous le fonds géré par la société, celui dans lequel le Medef avait investi, et fixé sa valeur liquidative avec une décote de 67%. De quoi faire fondre l’argent des cotisations patronales, alors qu’une perte de 8 millions d’euros sur des « opérations spéculatives », évoquée lors d’un conseil d’administration, a déjà causé quelques soucis… En 2007, le même fonds n’avait pas été certifié par son commissaire aux comptes et le procureur de la République avait été alerté. Ça avait déjà été le cas en 2006, et le commissaire aux comptes avait alors démissionné. Ça fait beaucoup…
Et dans son fonctionnement même, que de curiosités, évoquées au fil des réunions de son conseil de surveillance. Plaintes pénales (concernant les sociétés immobilières, situées notamment en Nouvelle-Calédonie, dans lesquelles le fonds d’investissement a investi), investissements revendus à des proches du patron, refus de la responsable des contrôles de s’expliquer devant le conseil… Bigre ! Un mandataire de l’AMF a fini par être nommé pour remettre de l’ordre dans tout ça.
Mais côté patronat de La Défense, que va-t-il se passer ? L’heureux homme qui cumulait à la fois le poste de trésorier du Medef local et de patron opérationnel d’Edelweiss gestion, a été révoqué, le 24 janvier, de la société de gestion de bourse et, en avril, a fini par démissionner de son poste du Medef. Juste avant que le bureau de l’organisation patronale reçoive une belle lettre de son commissaire aux comptes. Sanglant : « J’ai révélé au procureur de la République que votre trésorier n’avait pas, selon mon opinion, respecté son devoir d’information et qu’il avait ainsi trahi votre confiance », écrit-il, le 25 avril 2008, entre autres gentillesses.
Un joli désordre ? Pas tant que ça. Aux dernières nouvelles, il paraîtrait qu’Edelweiss gestion souhaiterait réembaucher le patron qu’elle avait révoqué en janvier. Tant la situation est mauvaise…
Contacté à plusieurs reprises, le président de l’organisation patronale, également président du conseil d’Edelweiss gestion, Jean Soulacroup n’a pas donné suite aux demandes d’éclaircissements de Bakchich.
Tant que les charogne se bouffent entre elles, je me marre…
Mais cela donne un bon example de l’honnetete des patrons francais. A une epoque ou l’on veut nous faire croire que ce son les chomeurs qui sont des fraudeurs et qu’il faut reduire le nombre de ces ignobles inspecteurs du travail, empecheur d’exploiter en rond, il est bon de le rappeler…