Vendredi 25 juin avait lieu une soirée, organisée par le site "tres-select.com" où étaient censées se retrouver les belles gueules du tout-Paris. Bakchich s’y est incrusté et a joué les kékés.
La der des ders avant l’Apocalypse. Une nuit pour sauver la Patrie en danger. Contre la chienlit des gueules en biais et des corps grassouillets. Ce havre de reproduction entre gens parfaits, c’était la soirée organisée par le site « Tres-Select.com » vendredi 25 juin à Paris, non loin des Champs-Elysées. A laquelle Bakchich était convié, en tant que simple témoin de mariage, assis au dernier rang.
Pour transporter la chair fraîche à bon port, encostumée et « enrobée » (entendre à belles robes), rendez-vous était donné au Grand Palais. Tapis rouge, limousine, champagne, vitres teintées. Le tralala du freluquet vernis. « La beauté sera votre entrée » avait d’abord écrit le site. Avant de le changer en « les votes seront votre entrée ». Délit de belle gueule ! Six cents marmousets sélectionnés, à la forme des abdos et à la taille du bonnet, pour que, le temps d’un soir, la citrouille se transforme en carrosse.
Mais le concours de beauté a un prix : 40 euros l’entrée, 10 euros le demi, 8 euros la bouteille d’eau et jusqu’à 500 euros celle de whisky. Bénis des dieux, les rois de la presse ne sont jamais maudits. Vodka offerte, table à l’étage, vu sur le « dancefloor » et un divin salut.
Une Suissesse et une Slovaque s’invitent, alléchées par l’odeur de l’alcool. Sourire aux lèvres et papilles en extase. L’Helvète (pas underground) se targue de rouler en BMW, bosse dans la finance et a fait le déplacement depuis Berne. Bien modeste à côté des stars annoncées : Jessica Simpson, blonde américaine qui chante comme Anelka pense, et « FX », de Secret Story III, sont attendus. Jamais venus. Tout comme des joailliers et DJ reconnus. La soie déçoit.
Une minette à la triste mine : « l’ambiance est moyenne, c’est juste une boîte de nuit. Les mecs, il y en a pleins de moches et il y a des filles en robe de plage. » Bérézina des bas-résilles ! Et de conclure : « Tout ça m’a coûté 350 euros pour venir de Narbonne, sans une seule star ! ». Une autre de déchanter : « J’ai une copine qui a été au-delà de la 1000e place sur Facebook et qui a été prise. Il y a même des couples qui ont réussi à se sélectionner en votant mutuellement pour l’autre. »
Une heure du mat’, la salle se vide. Des mâles en rut titubent de solitude. Les roses offertes à l’entrée se fanent. Des filles déchaussent leurs talons hauts. Le retour sera dur. La limousine devient « Noctilien ». Pause à la Pizza Pino. Dodo. Sans big bang ni bling-bling.
Les nuits parisiennes de Bakchich :
Je dirais le Paris des imbéciles, car il faut être stupide pour payer de telles sommes et participer à un tirage on ne peut plus bidon, pour s’afficher une seconde à côté d’un gourou du copier-coller musical ou d’un "follasson" sorti d’une émission de M6.
Bravo pour les organisateurs qui s’en sont mis plein les poches !
Je trouve très révélateur le dicton inscrit en haut de la page d’accueil de leur site : "La beauté est dans les yeux de celui qui regarde".
Il est faussement et prétentieusement attribué à Oscar Wilde, alors qu’il s’agit d’un proverbe anglais ultra-connu dont les origines remontent sans doute à l’antiquité. Cf par exemple le lien ci-dessous.
"Beauty is in the eye of the beholder" est certes une belle phrase, mais on ne la trouvera nulle part attribuée à Oscar Wilde.
Si on veut afficher un vernis de culture, la moindre des choses est de vérifier ses sources !