Plus on est de fou plus on rit. Sauf en prison où la surpopulation est de mise. Mais pour égayer le quotidien, le ministère de la Justice a trouvé la solution. Engager des comédiens…
Avec 63 838 détenus incarcérés au 1er juin (pour seulement 50 000 places) les prisons françaises n’ont jamais été aussi peuplées. Un nouveau record qui intervient alors même qu’à la date du 13 juin l’encellulement individuel des prévenus (en attente d’êtres jugés) était en principe supposé devenir la règle. Cela suivant un engagement pris par le parlement en 2000, reporté une première fois en 2003, et repoussé de nouveau le 12 juin la veille de sa mise en application par un décret du Gouvernement à… 2013. En infraction avec les règles pénitentiaires européennes, le ministère de la Justice mise sur la construction de prisons nouvelles, un programme qui prévoit de créer 1300 places d’ici 2012.
En attendant, place Vendôme, on s’applique à gérer vaille que vaille les conséquences souvent – dramatiques – de cette surpopulation carcérale. La principale mesure consistant à multiplier les aménagements de peine et notamment le recours au bracelet électronique. On sait toutefois que ces mesures ne suffiront pas à désengorger des prisons dont certaines présentent un taux d’occupation de 200%.
En attendant des jours meilleurs le ministère de la Justice se prépare au pire. Dans l’urgence… En témoigne l’appel d’offre que vient de lancer l’Enap (Ecole nationale d’administration pénitentiaire) et dont l’objet vise à recruter des acteurs « devant jouer le rôle de détenus en crise » pour la réalisation de « simulations « Prévention suicide ».
Concrètement la pénitentiaire entend recruter des comédiens pour préparer trois nouvelles promotions de gardiens au comportement suicidaire des détenus ainsi qu’à ceux qui présenteraient « des troubles du comportement ». et manifestement ça urge ! Lancé le 12 juin dernier cet appel d’offres sera clos le 4 juillet prochain pour des prestations à exécuter des le 10 juillet.
Bref, il s’agit de gérer tant que peu se faire la période toujours critique dans les prisons de l’été.
Le principal critère d’attribution mis en en avant pour l’obtention de ce marché sera « l’offre économiquement la plus avantageuse ».
Un point qui a le mérite d’être parfaitement clair. Mais qui forcément pèse sur la question de savoir comment et sur quels critères de compétence seront recrutés les futurs « comédiens » chargés d’instruire les matons à la psychologie d’un détenu en détresse. Mais peut–être s’agit-il juste de faire semblant et de jouer un peu la comédie.
Bonjour,
Pour comprendre, un peu mieux, dans quel monde nous vivons.
Notre vidéo "Un siècle de dictature" pourra vous donner quelques éléments de réponse.
http://www.noslibertes.org/dotclear/index.php ?
Bonne semaine.
Ah bon. Cool. Je vais juste mettre un aspect en lumière.
Comment ils content les rémunérer, les comédiens ? Les prisons vont s’inscrire au GARP, à la caisse des congés spectacles et s’initier à la subtilité des cachets isolés/ cachets groupés, ainsi qu’il est du devoir de tout employeur ? Peut etre que chaque prison va demander un numéro d’agrément permettant à des heures d’enseignement d’intégrer le statut d’intermittent (dans le cadre d’atelier) ?
Soyons sérieux. Déjà qu’aucun collège, lycée, etc… ne se donne la peine de gérer les CDD spécifiques, alors pensez, un établissement pénitentiaire…
De plus, avec la manie récurrente des assedics d’encaisser les cotisations et, dans le calcul de l’indemnisation, de refuser de prendre en compte les prestations faites hors d’un lieu de spectacle reconnu…
…Madame Dati, vous pourrez chercher longtemps les comédiens qui accepteront de flinguer leur statut social pour vous rendre service… !!!!