Un documentaire à suspense sur les cannibales de Wall Street qui ont plongé le monde dans la crise et qui s’apprêtent à recommencer… Le film d’horreur le plus flippant de l’année.
Un thriller économique avec des acteurs aussi excitants que Christine Lagarde ou DSK, ça vous tente ? A priori non, et je vous comprends. Pourtant, Inside Job est un des meilleurs films de l’année, plus méchant que Wall Street 2, plus didactique que Capitalism a Love Story de Michael Moore et plus flippant que Saw 3D.
Avec ce film d’horreur maquillé en documentaire, Charles Ferguson s’attaque à la crise économique de 2008, une crise dont le coût est estimé à 20 000 milliards de dollars. Le cinéaste balade sa caméra entre les Etats-Unis, la France, l’Islande, Singapour, la Chine et confesse les principaux protagonistes de cette catastrophe économique (sauf certaines raclures de Lehman Brothers, Goldman Sachs ou AIG qui ont gentiment décliné) : politiques, banquiers, journalistes, lobbyistes, professeurs, économistes…
Boosté par un montage ébouriffant, la voix-off de Matt Damon et une B.O. électrique, Ferguson va nous raconter la belle histoire du capitalisme sauvage et nous rendre accessible des trucs aussi barbares que la titrisation, les produits dérivés, l’effet de levier, les agences de notation…
En quatre parties, Ferguson, grosse tête lauréate d’une licence de mathématiques à Berkeley et d’un doctorat en sciences politiques au MIT, revient sur l’historique de cette crise qu’il fait remonter à la présidence de Ronald Reagan (mais poursuivie sous Bush père & fils et sous Clinton) et à la politique de dérégulation, à savoir l’élimination ou la réduction du contrôle du gouvernement sur la manière dont sont menées les affaires et dont les titres sont échangées.
Il développe également la thèse d’une attaque délibérée des cannibales de Wall Street visant à s’enrichir par des opérations complexes (cela va des subprimes, jusqu’à la spéculation sur… la météo, en passant par les banques d’affaires qui parient sur l’effondrement de produits qu’elles mettent en avant auprès de leurs clients) au détriment de 99% de la population, principalement des membres du prolétariat et de la petite bourgeoisie qui se retrouvent au chômage, obligés de vendre leurs maisons, parce que ces psychopathes veulent s’acheter un septième jet privé (véridique).
Contrairement à Michael Moore, Ferguson n’arbore pas de nez rouge, ne se met pas en scène. Néanmoins, il est constamment à l’écran, car la voix qui soumet à la question ses interlocuteurs, c’est la sienne. Il faut l’entendre balancer, sans sourciller, « C’est faux » ou « Vous plaisantez » aux cadors de Wall Street ou de l’administration Bush et de voir leurs tronches déconfites, incrédules, sûrement jamais contredits de leur vie.
Comme Moore, Ferguson nous venge de ces salauds, même si sa conclusion fait froid dans le dos. Malgré les fraudes qui ont provoqué des milliards de pertes et jeté des millions de personnes dans la rue, personne n’est allé en prison. Plus fort, tous les banquiers qui ont précipité l’économie dans les toilettes sous George Bush ont été nommés à des postes à responsabilité au sein de l’administration Obama. Tout est donc en place pour un nouveau krach…
Conclusion, la prochaine fois que vous voyez votre banquier, d’entrée, un bourre-pif !
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