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Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil

cinéma / mardi 26 février 2008 par Jean-Baptiste Thoret
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Je ne sais pas quelle mouche m’a piqué. Je suis allé voir Paris, le dernier film du mollasson Cédric Klapisch, cinéaste dont la vision du monde est aussi percutante qu’une chanson de Patrick Fiori. Je ne m’attendais à rien, même pas au pire. J’ai eu tort.

Tout commence mal : un trentenaire de Ménilmontant (Romain Duris) apprend qu’il va mourir, ouvre sa fenêtre et découvre que la vie, c’est précieux. Le masque de la mort jette alors sur la capitale un voile soudain de générosité, d’innocence et de philanthropie. Pendant deux (très) longues heures, défile une petite galerie de personnages forcément attachants (Paris, que c’est sympa !) qui se croisent, se décroisent, se heurtent (en douceur) et se retrouvent, célébrant in fine le fantasme d’une diversité conviviale et béta.

Paris dans une boule de neige, Amélie Poulain moins la poésie. Ce qui, sous l’œil acéré de Klapisch, donne ceci : quatre donzelles des défilés de mode viennent faire mumuse à Rungis avec une bande de maraîchers, une boulangère drôle et raciste se rend compte que sa beur de stagiaire met du cœur à l’ouvrage, un prof de fac (Lucchini, en roue libre, comme chez Drucker ou Ruquier) envoie des textos djeuns à l’une de ses étudiantes (« kif » dans la bouche de Fabrice ? Rires assurés de la salle) et se trémousse sur BB King (rires, bis repetita), etc…

« Formidable, les mandarines… »

Klapisch n’est ni Robert Altman, ni Paul Thomas Anderson (Dieu des cinéphiles, pardonnez-moi) et choisit la forme dite « chorale » afin de pallier à une vision datée. Cette stratégie de la scénette en brochette évoque bien sûr le cinéma de Lelouch dont Paris est une version redux. Mais chez le chantre du chabadabada, il y a de la naïveté et de la bêtise, et parfois, l’une permet de faire passer la pilule de l’autre. Chez Klapisch, il n’y a plus que de la bêtise. Par respect pour le lecteur, je ne citerai aucun des dialogues du film, qu’il faudrait pourtant éditer dans une collection « humour ». Mais comment résister à cette diatribe d’Albert Dupontel qui, entre deux cageots de bananes, se prend pour Nelson Mandela : « Ce qui est formidable avec les mandarines, dit-il en substance à une nunuche vaporeuse, c’est qu’ici, les mandarines du Liban côtoient celles d’Israël et de Corse ». Extraordinaire métaphore du film dans le film prônant un métissage mou dont le film fabrique le fantasme larmoyant.

La morale du film pourrait se résumer à ce que disent parfois les télécritiques de ciné en panne d’idées face à un film qui n’en possède aucune : « Paris, c’est comme la vie ». Autrement dit, c’est bien peu de choses. Primo parce que la vie n’est pas forcément intéressante à filmer, deuxio, parce que la coïncidence entre un film et ce que l’on imagine (ici très fort) être le « réel » n’a jamais été un gage de qualité, tertio, parce que le Paris de Klapisch ressemble à tout sauf à Paris. Et c’est un Parisien qui parle.

Paris de Cédric Klapisch, avec Romain Duris, Fabrice Lucchini, Juliette Binoche, Albert Dupontel, François Cluzet, Karin Viard, Gilles Lellouche, Mélanie Laurent, Zinedine Soualem, …

Sorti le 20 février 2008


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8 MESSAGES

Forum

  • Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil
    le lundi 3 mars 2008 à 12:39, deecurl a dit :
    je suis d’accord avec cette critique. et surtout ce "parisianisme" (est-ce que ça se dit ?)… qu’on m’explique, si le film s’était passé à Nancy, Nantes, Toulouse… en aurait-on autant parlé ? parce qu’excusez-moi mais ce que les personnages font à Paris, on pourrait le faire dans toute autre ville de province. comme disait un autre commentaire : "un film de parigot pour les parigots". assez snob et pleurnichard somme toute. c’est dommage, j’aime bien Cédric Klapisch pourtant.
  • La culture du mépris
    le mardi 26 février 2008 à 16:04, Alice Mordillat a dit :

    Cher Jean Baptiste Thoret,

    Visiblement vous exécrez Klapisch et son cinéma, particulièrement son dernier film : Paris. J’avoue, je ne l’ai pas vu mais je ne vous écris pas pour débattre du film.

    Je reste sans mot devant la critique acerbe que vous en faites, cet éreintage sans concession basé sur des arguments aussi pertinents que « le mollasson Cédric Klapisch » dont « la vision du monde est aussi percutante qu’une chanson de Patrick Fiori ».

    Moi non plus je ne sais pas quelle mouche vous a piqué, peut être celle de la culture méprisante. Cette mouche redoutable et contagieuse qui force les vrais cinéphiles comme vous, ceux qui ont leur propre Dieu, à aller s’asseoir au cinéma avec le peuple inculte, la masse populaire qui a vu Un homme et une femme comme un chef d’œuvre, connaît par cœur les chansons de Patrick Fiori et a demandé pour noël le DVD collector d’Amélie Poulain.

    N’avez vous jamais réfléchi à la portée de votre travail ? Ecrire sur le cinéma, sur l’art en général, c’est avant tout être passionné par son sujet et avoir envie de faire partager cette passion. La critique doit être à l’inverse de ce que vous en faites une incitation à découvrir des films, un encouragement à aller au cinéma. Evidemment on ne peut pas aimer tous les films mais la critique ne doit pas être utilisée comme une arme de destruction massive contre le cinéma. Au contraire elle doit être une loupe sur ce qui se fait de mieux, une ouverture sur des mondes et des cultures différentes.

    Vous êtes pire que les « télécritiques en panne d’idée » que vous fustigez, vous ne vous positionnez non pas comme journaliste mais comme un juré de téléréalité — si vous avez aimé tapez 1, si vous avez détesté tapez 2 — sans autres arguments que la petite notoriété de votre signature.

    Klapisch n’est peut être ni Altman ni Anderson mais votre Dieu des cinéphiles est témoin vous n’est heureusement ni Bazin ni Audiberti !

    Pourquoi choisir de descendre Paris dans Bakchich qui j’en suis sûre ne vous impose pas le sujet de vos papiers ?

    Le grand cinéphile que vous êtes ne peut pas ignorer ce que disait Carmelo Bene : "la critique c’est de la délation."

  • tout le monde il est gentil (sauf J-B Thoret)
    le mardi 26 février 2008 à 11:52, ticam a dit :
    C bien envoyé !! Pas vu le film mais j’étais très déçu de la daube de klapisch où on cherche un chat pendant tt le film. Marre de ces films de parigots pour parigots…
  • Critique trés juste
    le mardi 26 février 2008 à 09:57

    Il n’y a malheureusement rien à retirer de ce film fadasse… Mais bon, entre le casting et l’idée de départ, on pouvait malheureusement s’y attendre…

    Par contre, Juno est une autre paire de manches !

    • Critique trés juste
      le mardi 26 février 2008 à 11:22, Ted a dit :
      Oui critique très juste. Je regardardais "les poupées russes" à la télé l’autre soir et je me disais justement que Klapish c’était le mélange des travers Lelouch-Jeunet. Ca me fait bien rire aussi de voir Klapisch et ses acteurs célébrer en interview son "humanisme" et sa "générosité". Je connais personnellement un musicien dont la musique a été littéralement volée par Klapisch dans "chacun cherche son chat"… Enfin bon, allez plutôt voir "There will be blood", croyez-moi le mauvais gout de guimauve de la petite bluette niaiseuse de Klapisch sera vite effacé par ce grand chef d’oeuvre.
    • Excessif
      le mardi 26 février 2008 à 12:46
      Excessif, donc insignifiant (sont-ce des gros mots ?). Pallier est transitif. Il fut un temps où les Parisiens s’exprimaient en bon françois.
      • Plume
        le mardi 26 février 2008 à 13:56
        Je suis assez d’accord : lorsque l’on critique l’absence de style d’un auteur, le minimum est de le faire justement avec style.
        • Je déteste Klapish
          le jeudi 6 mars 2008 à 23:06, Anti-Klapish association a dit :

          Je déteste Klapisch et j’ai eu le malheur de voir "Paris" avec deux fans de ce réalisateur. J’ai osé dire que c’était superficiel et elles m’ont sorti : "Au contraire c’est super profond ! Qu’est-ce que tu trouves superficiel ? Il est question de la vie, de la mort ! De la mort, tu te rends compte ?- Ben c’est ado quoi, tous ses films sont des films d’ado qui se la jouent cools. C’est insupportable et con." Les deux copines se sont mis à me psychanalyser aussi sec : "T’aime pas t’amuser, toi ? Nous (disent les deux copines) on aime s’amuser, et quand on voit un film de Klapish, on se dit : mince alors, qu’est-ce qu’on a fait de notre jeunesse ! Dire qu’on aurait pu s’amuser PLUS !"

          Bref, c’est horrible, tout le monde aime Klapish autour de moi.Même les gros bourges élitistes du 5ème ! On pourrait pas fonder un club pour les gens qui détestent Klapish ? Je trouve ses films plats, démagos, balourds et pleins de grosses ficelles, et je ne comprends toujours pas son succès auprès des bobos.

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