« Bonjour, monsieur le Procureur ». « Bonjour, monsieur le Sénateur ». Comme elle est lointaine cette époque où Charles Pasqua était convoqué par le juge Philippe Courroye au Pôle financier de la rue des Italiens. Et où certains mis en examen traitaient le magistrat, publiquement, de « juge qui sue la haine ». Désormais, les deux hommes, le premier devenu Sénateur des Hauts-de-Seine et le second Procureur de Nanterre se croisent fréquemment aux cérémonies officielles, de la commémoration du 11 novembre aux remises de médailles.
Ainsi va la vie, fort courtoise, des grands notables de la République.
Charles Pasqua sait se tenir. Pas sûr qu’il ait pour le magistrat une grande affection. Cet automne, le clan Pasqua a été condamné dans sa totalité par le TGI de Paris dans les dossiers de la Sofremi et de GEC Alhstom. Lui même a vu requérir contre lui dix-huit mois avec sursis dans l’affaire du casino d’Annemasse. Et cela en attendant, le procès de l’Angolagate, cloturé en avril 2007, mais dont l’audiencement est fixé seulement en septembre 2008. Déja désigné, le futur Président du Tribunal, Jean-Baptiste Parlos, doit prendre, paraît-il, le temps de prendre connaissance du dossier.
Ainsi va la vie, fort paisible, des grands magistrats de la République.
Une course de lenteur est engagée entre la Justice ordinaire et la Cour de Justice de la République, chargée dans les dossiers Sofremi et GEC Alhstom, de juger Monsieur Charles, ministre de l’Intérieur au moment des faits. « Oh, ami » . Le Procureur Général auprès de la Cour de Cassation, Jean-Louis Nadal, a beaucoup d’amis, il n’est pas pas le genre à forcer le cours des choses quand un illustre sénateur est en cause. D’autant qu’il n’est plus au mieux avec le pouvoir sarkozyste. Pas question de se brouiller avec la terre entière.
Ainsi va la vie, fort ralentie, des grandes Institutions de notre chère République.
http://tempsreel.nouvelobs.com/speciales/societe/la_justice_sous_pressions/20080114.OBS5066/un_avocat_demande_laudition_de_rachida_dati.html
Un avocat demande l’audition de Rachida Dati NOUVELOBS.COM | 14.01.2008 | 11:10
L’affaire concerne le financement occulte d’une fondation d’art contemporain, affaire dans laquelle douze personnes ont déjà été mises en examen, dont André Santini.
Rachida Dati (Sipa)
Un avocat, Me Philippe Guméry, a demandé à une juge d’instruction versaillaise d’entendre la Garde des Sceaux, Rachida Dati, dans une affaire de financement occulte d’une fondation d’art contemporain, a-t-il indiqué, dimanche 13 janvier au soir à l’AFP.
Philippe Guméry dit avoir demandé vendredi au tribunal de grande instance de Versailles l’audition de plusieurs responsables du conseil général des Hauts-de-Seine ayant eu vent du dossier de la fondation Hamon.
Parmi eux, Rachida Dati, adjointe du directeur général des services au conseil général en 2004 et 2005.
Dorénavant, cette demande d’acte doit être examinée par la juge d’instruction en charge de l’affaire, Nathalie Andreassian, qui décidera ou non d’y donner suite. Elle dispose d’un mois pour prendre sa décision.
Deux versions
"Nous n’avons pas été informés de cette demande d’acte", a réagi le porte-parole de Rachida Dati, Guillaume Didier, interrogé par l’AFP.
Alors que Guillaume Didier affirme que "l’information judiciaire porte sur des faits antérieurs à l’arrivée de Mme Dati au Conseil général des Hauts-de-Seine", Philippe Guméry est d’un tout autre avis.
Se basant sur le réquisitoire rédigé par le parquet général, l’avocat affirme en effet que les faits examinés par la juge "ne s’achèvent pas en 2003, mais pourraient être étendus jusqu’en 2007".
L’affaire en question porte sur des infractions présumées commises lors de la création avortée de la fondation d’art contemporain Hamon. Dans un bâtiment sur l’Ile-Saint-Germain (Hauts-de-Seine), celle-ci devait exposer 192 toiles données au Conseil général par le riche promoteur et mécène, Jean Hamon.
12 personnes mises en examen
La justice s’interroge notamment sur une somme de 750.000 euros versée au mécène via le syndicat mixte de l’Ile-Saint-Germain, dont le vice-président était André Santini et le président Charles Pasqua.
Après quatre ans d’enquête, la juge versaillaise a clos son instruction en octobre. A ce jour, 12 personnes ont été mises en examen, parmi lesquelles André Santini et Charles Pasqua. (avec AFP)
Des ambassadeurs ont été condamnés parce que l’embargo contre l’Irak a été détourné : le produit d’un quota de ventes de pétrole irakien, autorisées à l’époque pour éviter que la population irakienne ne souffre trop de l’embargo (contre le régime de Saddam Hussein), a été détourné au profit de politiciens français.
Quand est-ce que la justice française va enfin faire son boulot ???