1938 : Mort de Mustafa Kémal Atatürk. Ismet Inönü lui succède à la présidence de la République.
1939 : Signature d'un pacte de non-agression entre la Turquie et la France. Paris cède de Sandjak d'Alexandrette.
1939-1945 : Durant la Seconde Guerre Mondiale, la Turquie applique une politique de neutralité active.
1945 : La Turquie déclare la guerre à l'Allemagne et au Japon. Dénonciation par l'URSS du Traité de Neutralité et d'Amitié par l'URSS et remise en cause du Traité de Montreux.
1946 : Introduction du multipartisme avec les première élections multipartites . Le Parti Démocrate issus de la scission du Parti Républicain du Peuple entre au Parlement.
1947 : Accord d'assistance militaire entre la Turquie et les Etats-Unis.
1948 : Accord de coopération économique entre Ankara et Washington. Reconnaissance de l'Etat d'Israël.
1950 : Victoire du Parti Démocrate aux élections législatives. Djélal Bayar est président. Adnan Menderes est nommé Premier Ministre. La Turquie entre au Conseil de l'Europe.
1952 : La Turquie et la Grèce deviennent membre de l'OTAN.
1955 : La Turquie est co-fondatrice du Pacte de Bagdad (Traité politico-militaire avec l'Iran, l'Irak, le Pakistan, les Etats-Unis et la Grande-Bretagne. Un volet économique y est adjoint en 1957 (Regional Cooperation for Developpement).
1957 : Décision d'installation d'armes atomiques de l'OTAN en Turquie.
1958 : Le Pacte de Bagdad devient CENTO à la suite de la Révolution irakienne.
1959 : Accords de Zurich et de Londres entre la Turquie, la Grèce, la Grande-Bretagne et les représentants de deux communautés chypriotes pour la création de la République bi-Communautaire de Chypre. Demande à la CEE d'un accord d'association. Acceptation de l'installation des rampes de lancement américain sur le sol turc.
1960 : Coup d'Etat militaire du Général Gürsel. Exécution du Premier Ministre et de deux ministres. Indépendance de Chypre.
1961 : Adoption d'une nouvelle Constitution. Formation d'une nouvelle coalition gouvernementale dirigé par Ismet Inönü réunissant le Parti Républicain du Peuple et le Parti de la Justice. Création du Parti Ouvrier Turc (anti-américain).
1962 : Crise de Cuba. Démantèlement des fusées Jupiter du sol turc.
1963 : Accord d'Ankara instituant l'association entre la Turquie et la CEE. Crise grave à la suite de la tentative de révision unilatérale de la Constitution chypriote par la partie grecque. Oppression et violence sanglante envers la population turque minoritaire.
1964 : La lettre du président Johnson condamnant l'utilisation éventuelle du matériel militaire de l'OTAN dans la perspective d'un possible débarquement turc à Chypre et menace de non-intervention de l'OTAN au cas où l'URSS interviendrait à Chypre contre la Turquie. Envoi d'une force de l'ONU pour le maintien de l'ordre. Intervention de l'aviation turque à Chypre et signature entre la République de Chypre et l'URSS d'un accord de défense.
1965 : Le Parti de la Justice remporte la majorité des voix aux élections législatives. Son président, Süleyman Demirel devient Premier Ministre et forme le nouveau gouvernement.
1968 : Agitation anti-américain menée par l'extrême gauche. Réaction des ultra-nationalistes du colonel Alpaslan Türkes et des pro-religieux de Necmettin Erbakan.
1969 : Elections législatives remportées par le Parti de la Justice. S.Demirel est reconduit dans sa fonction.
1970 : Aggravation de la situation économique et social.
1971 : Prise du pouvoir par l'armée et l'instauration de l'état de siège en réaction à l'aggravation de la situation économique et sociale. S. Demirel est remplacé par Nihat Erim (gauche) afin de rétablir l'ordre dans le pays et de mettre fin aux agitations politiques sanglantes. Interdiction de la culture du hachisch.
1972 : Nihat Erim est remplacé par Ferit Melen (droite). Instauration des tribunaux spéciaux.
1973 : Elections législatives. La levée de l'interdiction de la culture du hachisch est un thème de compagne électorale important pour le CHP. Le Parti Républicain du Peuple (CHP) arrive en tête et constitue un gouvernement de coalition avec le Parti du Salut National (pro-religieux) de Necmettin Erbakan. Fin de l'Etat de siège.
1974 : En réaction au coup d'Etat à Chypre fomenté par le régime des colonels de la Grèce, la Turquie intervient militairement sur l'île en usant de son droit d'intervention inscrite dans la Constitution de la République de Chypre dont la Turquie est co-garante. Transfère de population entre le Nord et le Sud et partition de l'île jugée comme la meilleur protection de la minorité chypriote turque par Ankara. Constatant que l'oppression de la minorité turque étant intervenue surtout en présence du contingent onusien, la Turquie décide de maintenir à Chypre Nord une forte présence de ses troupes et refuse de retirer ses hommes et assume l'embargo total décrété par l'ONU. Suspension de l'assistance militaire américaine à la Turquie. Agitations violentes dans les universités et démission du gouvernement de Bülent Ecevit.
1975 : Crise politique majeure. Demirel parvient difficilement à former une nouvelle coalition. Poursuite des agitations politiques dans les universités et dans les villes. Fermeture des bases américaines en réaction à l'embargo américain sur les armes.
1977 : Election législatives anticipées. Les deux principaux partis (CHP et PJ) ne parviennent pas à départager les voix. Instabilité politique et sociale sans précédent. Montée du terrorisme.
1979 : Rééchelonnement de la dette de la Turquie avec les Banques commerciales. Embargo américain sur les armes.
1980 : Turgut Özal est Ministre de l'économie. Tentative de libéralisation de l'économie et de stabilisation. Vague de terrorisme. Coup d'Etat militaire du général Kenan Evren devant l'accélération de la dégradation de la situation économique, politique et sociale. Dissolution du parlement. Abolition de la Constitution de 1961. La Turquie est favorable à la réintégration de la Grèce à l'OTAN.
1981 : Dissolution des partis politiques.
1982 : Approbation par référendum (92 de "oui") d'une nouvelle Constitution. Election du général K.Evren à la présidence de la République. Interdiction provisoire de toute activités politiques pour les anciens dirigeants des partis politiques. Suspension par la Communauté Européenne des relations avec Ankara.
1983 : Autorisation de nouveaux partis politiques. Les élections législatives sont remportés par les libéraux du Parti de la Mère Patrie (ANAP) dirigé par Turgut Özal qui devient Premier ministre. Proclamation de la République Turque de Chypre du Nord (RTCN). Reconnaissance immédiat de la RTCN par Ankara.
1984 : Levée partielle de l'Etat de siège. Le Parti des Travailleurs du Kurdistan radicalise ses actions de guérilla et de terrorisme.
1985 : Fusion du Parti Social-démocrate de Erdal Inönü avec le Parti du Peuple qui deviennent le Parti Populiste Social-démocrate (PPSD).
1986 : Elections partielles puis générales remportées par l'ANAP au pouvoir. Retour sur la scène politique de Süleyman Demirel à la tête du Parti de la Juste Voie.
1987 : Candidature officielle d'adhésion à la CEE. Elections législatives anticipées et victoire de l'ANAP.
1988 : Visite de T.Özal en Grèce. Attentat contre T.Özal en Turquie. 120 000 Kurdes d'Irak se réfugient en Turquie et aide humanitaire turque.
1989 : Report de la candidature d'adhésion à la CEE et proposition de la Commission de réalisation rapide de l'Union douanière. Elections locales. Le Parti Social-démocrate devient le premier parti du pays. L'ANAP enregistre un net recul. Grand succès électoral du parti pro-religieux de Necmettin Erbakan. T.Özal devient Président de la République. Yildirim Akbulut lui succède à la tête du gouvernement. Afflux de plus de 300000 réfugiés Turcs fuyant la politique de bulgarisation forcée du régime de Todor Jivkov. Rapprochement économique et commercial avec l'URSS. Soutien diplomatique permanent à l'Azerbaïdjan dans le conflit Arméno-Azeri qui s'est soldé par l'occupation d'un cinquième du territoire d'Azerbaïdjan par l'Arménie.
1990 : liberalisation et explosion des moyens médiatiques.
1991 : Refus de participation à la coalition durant la Guerre du Golfe mais autorisation d'utilisation des bases aériennes. Radicalisation de la guérilla du PKK. Afflux de 250 000 -300000 Kurdes de l'Irak vers la Turquie. Victoire du Parti de la Juste Voix de S. Demirel aux élections anticipées. Formation d'un nouveau gouvernement de coalition avec le Parti Populiste Social-démocrate (centre-gauche) dirigé par S.Demirel (conservateur). Reconnaissance de l'indépendance de l'Azerbaïdjan.
1992 : Recherche de stabilité et de sécurité par la coopération après la défédéralisation de l'URSS. Déclaration d'Istanbul instituant la Coopération Economique Régional de la Mer Noire (CERM) réunissant les pays riverains et limitrophes de la mer Noire. Premier Sommet à Téhéran de l'ECO (Economic Cooperation Organisation) héritier de la RDC (Regional Cooperation for Developpement) rassemblant les pays musulmans non-arabes du Moyen-Orient et de l'Asie centrale. Reconnaissance diplomatique des cinq nouvelles républiques indépendantes turcophones. Sommet des chefs d'Etat des républiques turcophones (Déclaration d'Ankara). Inauguration du barrage Atatürk sur l'Euphrate dans le cadre du Projet sud-est Anatolien (GAP) destiné à améliorer les conditions économiques et sociales de la région mais aussi à contrôler les eaux afin de ramener la Syrie à mettre en terme à son appui au PKK. Création de la TIKA (Agence Turque de Coopération internationale) chargée des relations avec les républiques et les communautés turcophones de l'ex-URSS. La TRT TV diffuse est capté sur l'ensemble des espaces turcophones.
1993 : Mort du Président de la république en exercice, Turgut Özal. S.Demirel lui succède. Tansu Çiller, première femme dans l'histoire de la Turquie contemporaine à accéder au poste de chef du gouvernement. La coalition (PJV-PPSD) se maintient à la tête du pays. La Turquie obtient de la France et de l'Allemagne l'interdiction des activités du PKK. Institution de la TÜRKSOY ("Administration commune des Cultures et des Arts Turcs) ou "Turcité" entre les républiques et les communautés turcophones de l'ex-URSS. Mise en route du projet TÜRKSAT.
1994 : Un contingent de l'armée turque participe aux activités de la FORPRONU en Bosnie-Hérzégovine. Crise monétaire. Prise de mesures importantes pour la stabilisation de l'économie qui débouchent sur des déséquilibres macro-économiques. Elections municipales. Le parti de la Prospérité (pro-religieux) de N. Erbakan contrôle six municipalités des grandes villes dont d'Istanbul, d'Ankara et 22 villes d'importance moyenne. Inquiétude dans les capitales européennes.
1995 : Assouplissement de la Constitution de 1982 par des amendements dans la perspective de la réalisation de l'Union douanière et allant dans le sens de la convergence démocratique souhaitée par le Parlement européen . Le 6 mars 1995, la Turquie signe l'accord d'Union douanière (entrée en vigueur au 1er janvier 1996). Opération militaire contre les camps du PKK au nord de l'Irak et protestation dans la majorité des capitales occidentales. Retrait du contingent turc de l'Opération "Restore Hope" en Somalie. Eclatement de la coalition mixte PJV-PPSD. Election législative. Le Parti de la Prospérité de N.Erbakan confirme sa progression. B. Clinton est favorable à la construction d'un double oléoduc traversant la Turquie et la Russie pour l'acheminement de l'hydrocarbure des républiques turcophones.
1996 : Formation d'une nouvelle coalition gouvernementale PJV de Tansu Çiller et de l'ANAP. Crise gouvernementale majeure qui débouche sur un l'éclatement de la coalition de droite dirigé par Mesut Yilmaz. Vide politique qui profite à la formation de la coalition PJV-PP. N. Erbakan (pro-religieux) devient Premier Ministre. Cependant, les ministères les plus stratégiques sont contrôlés par le PJV. Demi-succés dans la tentative de rapprochement avec les pays arabo-musulmans. Première Conférence Interparlementaire sur la Protection de l'Environnement en mer Noire de la CERM. Coopération militaire avec l'Etat d'Israël. Négociation sur la réouverture de l'oléoduc acheminant le pétrole irakien. Le PKK diversifie ses méthodes d'harcellement de l'Etat turc en recourant à des attentats-suicides. Protection de la minorité turcophone de l'Irak. Soutien des pays membres de l'Organisation de la Conférence Islamique à la position turque dans la question chypriote. Affaire A. Çatli mettant en lumière les activités secrètes de l'Etat. Ouverture du terminal de Yumurtalik.
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