Selon les gazettes, le gouvernement devrait décider une augmentation de 4% à 5% du tarif du gaz au 1er juillet après une hausse de 9,7% au 1er avril. Il s’agit d’une bonne nouvelle pour GDF Suez alors que le prix du gaz est en baisse depuis plusieurs mois en Europe. Mais, comme Le Canard l’a déjà raconté, le groupe né de la fusion entre Suez et Gaz de France n’en profite pas car il a signé des contrats de long terme avec des pays producteurs à des prix fixés à l’avance. GDF Suez cherche actuellement à obtenir une ristourne et, en attendant, améliore sa situation financière grâce aux consommateurs français.
Comme un bonheur n’arrive jamais seul, GDF Suez va aussi obtenir prochainement la possibilité d’acheter de l’électricité nucléaire produite par EDF. Le prix n’est pas encore fixé et une rude bataille est déjà engagée, Henri Proglio, patron d’EDF, demandant 42 euros par MWh tandis que les concurrents, soutenus par la Commission de régulation de l’énergie (CRE), ne veulent pas pas payer plus de 37 euros le MWh.
L’enjeu est énorme et se chiffre en milliards d’euros. GDF Suez, dont le premier actionnaire privé est le baron belge Albert Frère, explique qu’il a besoin de l’électricité nucléaire d’EDF pour faire des offres aux consommateurs en France. Mais le groupe présidé par Gérard Mestrallet a-t-il vraiment cette ambition ?
GDF Suez contrôle la Compagnie nationale du Rhône (CNR) depuis 2003. Cette société possède des barrages et a produit 16 TWh en 2008. Il s’agit d’une électricité de base, exactement comme l’électricité nucléaire. Et que lit-on dans le rapport annuel 2008 de la CNR ? Que la production a été vendue à hauteur de 10% aux clients finaux et à hauteur de 90% sur les marchés de gros (dont 24% sur la bourse d’électricité Powernext).
“Les ventes nettes d’électricité ont enregistré une très importante croissance liée à la hausse des prix. Elles s’établissent à plus d’un milliard d’euros contre 614 M€ en 2007. Cette performance est le résultat d’une politique de placement optimisé sur les marchés”, explique la CNR. Sur un chiffre d’affaires total de 1,6 milliard d’euros, le bénéfice a atteint cette année là 344 millions. Pas mal comme rendement.
Les syndicalistes d’EDF qui ont déniché ce rapport se demandent si GDF Suez ne va pas tenter de faire la même chose avec l’électricité nucléaire achetée à bas prix à EDF. Ces manants n’ont rien compris : il s’agit juste de favoriser la concurrence.
Mais n’espérez pas une baisse des prix. Le gouvernement de François Fillon juge qu’il faut les augmenter pour espérer une saine concurrence.