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Un infirmier prêt à panser

mercredi 29 novembre 2006 par Yves-Olivier Stefanovitch
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Tout à sa passion de pratiquer le noble métier d’infirmier, André-Abdelmajid a un peu louvoyé avec la loi et oublié que les portes de certains métiers sont difficiles à forcer… Surtout pour un Franco-tunisien. Une fois n’est pas coutume, la justice lui a donné raison.

Français d’origine tunisienne et plombier-zingueur à l’origine, André Diab, 53 ans, a fait quatre mois de détention provisoire presque pour rien. Accusé d’avoir de faux papiers et certificats afin de travailler comme infirmier, le tribunal correctionnel de Nanterre l’a condamné pour ces faits seulement à deux ans de prison avec sursis, le 21 novembre dernier, tout en l’autorisant à exercer la profession d’infirmier.

Arrivé en France en 1969 à l’âge de 17 ans, Abdelmajid Diab acquiert la nationalité française par mariage en 1975. A cette occasion, l’administration l’autorise à se prénommer dorénavant André. Sa femme lui donne une petite fille, Sonia. Mais, le plombier-zingueur de l’hôpital de Saint-Germain-en-Laye dans les Yvelines ne rêve que d’une chose : devenir infirmier. Un rêve qui va vite buter sur une réalité incontournable. Le diplôme d’infirmier verrouille en France l’accès à cette profession. Et faute d’argent et de temps, le plombier-zingueur tunisien ne peut pas faire les études nécessaires. En 1977, il décide d’aller tenter sa chance en Allemagne, où la réglementation serait moins tatillonne. Ce sont des infirmiers de l’hôpital de Saint-Germain-en Laye qui lui ont refilé le tuyau. Et voilà notre plombier tunisien qui embarque femme et enfant pour s’exiler à Dusseldorf. Au lieu du paradis promis, André Diab découvre vite qu’il est tombé de Charybde en Scylla. Certes, des hôpitaux et les cliniques allemandes l’engagent comme infirmier. En réalité, il s’agit plutôt d’emplois de fille de salle. Peu à peu, le plombier-zingueur doit se rendre à l’évidence. Son nom et son lieu de naissance l’empêchent de fait de décrocher un emploi d’aide-soignant, la condition obligatoire en Allemagne pour pouvoir suivre une formation d’infirmier.

Franchir le Rhin

Complètement découragé, André Diab décide en 1984 de passer dans l’illégalité pour céder à son irrésistible penchant pour la profession d’infirmier. Un voyage en France lui permet d’acheter une fausse carte d’identité française au nom d’André Gosselin et un faux certificat de travail d’ancien infirmier à Paris. Au passage, il se procure aussi un faux livret de famille, de faux papiers pour femme et enfants (un deuxième enfant Sabrina est né) avant de retourner en Allemagne. Histoire d’égarer les pistes : le nouveau monsieur André Gosselin quitte Dusseldorf pour Stuttgart. Et là, le rêve devient réalité. André Gosselin est engagé comme infirmier surveillant à l’hôpital de la Forêt Noire à Stuttgart, tout en suivant des études pour obtenir le diplôme d’infirmier. Il y reste un an avant de déménager à nouveau cette fois pour Francfort, où il travaillera de 1985 à 1999 comme infirmier psychiatrique grâce à son diplôme.

L’hôpital universitaire de Francfort, André Diab aurait pu y rester. L’ancien plombier zingueur y était très apprécié. Un grain de sable va malheureusement lui faire quitter ce paradis. Sa femme française a le mal du pays d’autant plus que sa mère est alors très malade. Aussi, en 1999, le couple retourne vivre à Nanterre, elle sous sa vraie identité, lui sous la fausse. Le plombier zingueur tunisien n’a pas le choix. Pour décrocher un emploi d’infirmier en France, il doit faire état de son diplôme et de ses emplois d’infirmier qui sont à son faux nom. En région parisienne, il va travailler dans plusieurs hôpitaux et établissements notamment à la maison d’arrêt de Nanterre de 2002 à 2003, puis au Centre Médico-Pédagogique de la ville de Nanterre, où sa fausse identité sera mise à jour.


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