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Gilbert Casanova à l’heure hasch

Justice / vendredi 5 novembre 2010 par Xavier Monnier
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Figure historique du mouvement nationaliste corse, Gilbert Casanova a depuis longtemps laissé tombé ses idéaux pour se consacrer au business mais un brin joueur, le bonhomme en prise avec la justice, manque de joker.

Grands collectionneurs, les Casanova d’opérette se contentent d’additionner les conquêtes féminines. À 60 ans, Gilbert Casanova, ex-nationaliste corse du Mouvement pour l’autodétermination (MPA) – dissous en 1996 –, lui, a collectionné les vies trépidantes et les passages devant les tribunaux.

Gilbert Casanova - JPG - 32.3 ko
Gilbert Casanova
Dessin de Magnat

Dernier en date, son procès en correctionnelle pour une affaire de trafic de drogue (avec 11 coaccusés), du 2 au 15 novembre à Marseille. Le garçon est soupçonné d’avoir mis en place un joli ballet. Des hélicoptères rapportaient le hasch du Maroc, lâchaient leur cargaison sur un terrain de chasse dans l’Hérault puis de grosses cylindrées remontaient le butin sur Paris.

Quelque 565 kilos de drogue saisis en juin 2008 sur un seul voyage, quand les pandores en charge de l’enquête ont comptabilisé une dizaine de transits. Bref, des tonnes de stupéfiants et un Gilbert qui dément tout trafic en bande organisée.

Une incrimination un brin gênante pour Casanova : l’un des slogans des militants du MPA était « A droga fora » («  La drogue dehors »).

Splendeur passée

Tout un symbole. Comme nombre de ses anciens camarades de lutte, Gilbert a abandonné depuis longtemps la politique pour se consacrer au business. Finies les prises d’otages et les revendications indépendantistes des années 80.

Au milieu des années 90, le MPA se mue en Mouvement pour les affaires, virage dont Casanova est l’une des chevilles ouvrières. C’était du temps de sa splendeur. En 1994, l’Ajaccien triomphe aux élections à la chambre de commerce et d’industrie (CCI) de Corse-du-Sud, à la tête d’une liste nationaliste. Et devient le premier représentant de la mouvance à occuper la présidence d’une institution officielle. Sous les vivats de la presse et de l’État, ravis qu’un militant délaisse la cagoule pour embrasser un discours résolument moderniste.

Las, de la clandestinité et de la lutte parfois armée, le natio garde de menues manies. Comme une aversion certaine à remplir les caisses de l’État. Pas franchement à l’aise avec le fisc, Casanova se voit accusé, en 1998, d’avoir oublié de régler une douloureuse de 250 000 francs (38 000 euros environ) de TVA. Les Urssaf lui présentent alors un débours salé de près de 1 million de francs (150 000 euros). La même année, la commission d’enquête de l’Assemblée nationale sur «  l’utilisation des fonds publics en Corse » – accoucheuse du rapport Glavany – l’épingle méchamment. Gilbert aurait tendance à « défendre des intérêts personnels (…) sous le couvert de la défense d’une profession ou d’un secteur en difficulté ».

Pluie de mises en examen

Un an plus tard, un rapport de l’inspection générale des finances sur sa gestion de la chambre de commerce et d’industrie laisse entendre que Casanova a laissé cavaler ses faux frais. Les « dépenses d’hôtels et de restaurants présentent souvent un caractère somptuaire », notent les limiers, qui pointent le goût du président pour les hôtels de luxe et l’absence de pièces justificatives pour près de 100 000 francs (15 000 euros). À partir de novembre 2000, ce joueur invétéré se retire de la présidence de la chambre consulaire.

Les mises en examen se mettent à tomber. Détournement de fonds publics, banqueroute frauduleuse dans ses sociétés de concession automobile… Autant de condamnations définitives, intervenues en 2003 et en 2005, qui l’évincent des premiers rôles en Corse. Sans que sa grande œuvre soit totalement oubliée. Toujours aux mains d’anciens du MPA, la CCI d’Ajaccio a été l’épicentre d’une vaste enquête pour détournements de fonds, marchés publics truqués et abus de biens sociaux. Procès prévu en mars 2011. Hériter d’un Casanova n’est jamais aisé.

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